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Marie-Pierre VENTRIBOUT : d’assistante dentaire à véritable bras droit

  • Les étoiles du dentaire

Dans ce nouvel épisode des Étoiles du Dentaire, nous sommes très heureux de recevoir Marie-Pierre. Assistante dentaire sur le papier. Véritable bras droit du Dr. Sepehr Zarrine dans la vraie vie.

Marie-Pierre, c’est l’histoire d’une femme qui a su saisir les opportunités, provoquer son destin. Celle pour qui le dentaire n’était pas une vocation, mais une destinée.

Parce que le métier d’assistante dentaire mérite d’être raconté autrement. Parce qu’il joue un rôle stratégique, humain, déterminant dans la réussite d’un cabinet.

Rencontre avec celle qui a transformé un poste en véritable pilier stratégique.

Avant de devenir assistante dentaire, une vie loin des fauteuils…

N.P :
Est-ce que tu peux te présenter et nous dire qui tu es, au-delà de ton métier ?

Marie-Pierre :
Je m’appelle Marie-Pierre, je suis maman d’une grande fille et j’habite dans l’Est de la France depuis toujours. J’aime beaucoup ma région. Aujourd’hui, j’arrive à voyager régulièrement, donc je suis contente de partir, mais je suis aussi très heureuse de rentrer chez moi.

Avant d’être assistante dentaire, j’ai travaillé presque dix ans en milieu hospitalier : six ans dans un service de maladies pulmonaires, puis trois ans dans un service de réanimation longue durée.

N.P :
Qu’est-ce que cette période t’a apporté ?

Marie-Pierre :
Ça m’a énormément appris sur l’humanité, le respect de l’être humain et la communication. Et ça me sert encore aujourd’hui. Je comprends leur stress, j’essaie de les rassurer, et j’ai développé une capacité particulière à percevoir ce qui ne se dit pas. A capter le non-verbal, presque intuitivement. À travers les regards, les attitudes ou les silences, j’arrive souvent à ressentir ce que les patients vivent et à capter leurs émotions, même lorsqu’ils ne peuvent pas les exprimer.

N.P :
Et le dentaire dans tout ça ? C’était un rêve d’enfance ?

Marie-Pierre :
Pas du tout !

Moi, mon rêve de petite fille (c’était un métier un peu atypique pour une femme à l’époque), c’était de devenir routier international. J’ai toujours adoré les camions américains, les 38 tonnes ! Dans mon imaginaire de petite fille, j’associais ce métier au voyage. Je me disais : “Plus tard, je serai toute seule dans mon camion et je voyagerai…”

Mais à l’époque, ce métier n’existait pas vraiment pour les femmes. À 15 ans, j’ai échangé avec des routiers qui m’ont ouvert les yeux sur la réalité du métier, et mon papa a tout fait pour me détourner de ce projet. Alors j’ai choisi une autre voie.

J’y repense souvent. D’ailleurs, il y a quelques années, je me suis dit que j’allais passer le permis poids lourd pour allier mes deux passions : le dentaire et les camions. J’avais envie de monter un bloc, une salle de soin dans mon camion et aller dans des endroits où l’accès aux soins est compliqué. Bon, dans la réalité c’était compliqué à mettre en place et surtout j’ai déjà beaucoup de choses à gérer… Mais ça aurait été génial !

Alors non, on ne peut pas dire que le dentaire était une vocation.

Après l’hôpital, j’avais même voulu quitter complètement le médical. J’avais besoin de vie, de joie. J’ai passé mon diplôme de paysagiste, puis je me suis spécialisée dans l’art topiaire. J’étais passionnée, j’étais en train de créer ma boîte.

N.P :
Comment le dentaire est-il arrivé dans ta vie?

Marie-Pierre :
Je me suis cassée une dent : une canine !

Je suis arrivée en urgence dans un cabinet que je ne connaissais pas. Le courant est super bien passé avec la praticienne. Un mois plus tard, elle me propose d’être assistante dentaire.

Ce qui est fou, c’est que dix ans plus tôt, un autre praticien me l’avait déjà proposé et j’avais refusé. Là, je me suis dit : des fois, il y a des signes dans la vie.

Dans la peau d’une assistante dentaire

N.P :
Comment se passent tes débuts ?

J’ai commencé en omnipratique. J’ai énormément appris aux côtés de cette praticienne. Elle était très à cheval sur l’organisation, les papiers. Ça m’a imposé une rigueur qui me sert encore aujourd’hui.

Mais très vite, je me rends compte que l’omnipratique, ce n’est pas ce qui me fait vibrer. Il y a énormément de patients dans une journée, et la majorité, quand ils arrivent, te disent : “De toute façon, moi je n’aime pas venir ici… je ne vous aime pas. »

Et puis le rythme était vraiment soutenu : répondre au téléphone, accueillir les patients, les installer, nettoyer le fauteuil, faire la sté, passer les commandes, gérer les stocks…

Dans le même cabinet, le Dr. Sepehr Zarrine commençait l’implantologie. J’ai eu l’opportunité de faire des chirurgies avec lui. Et je me souviens, j’arrêtais pas de lui dire : “Si vous avez besoin de quelqu’un à temps complet, moi je suis là.”

Quand il a décidé de passer en chirurgie exclusive, il ne pouvait plus être sans quelqu’un à plein temps. J’ai eu l’opportunité de l’assister et quelle opportunité…

La chirurgie, c’était vraiment mon truc !

D’assistante dentaire à pilier stratégique

N.P :
Aujourd’hui, concrètement, en quoi consiste ton métier ?

Marie-Pierre :
On ne peut plus dire que je suis assistante dentaire…

Je suis assistante en chirurgie, oui. Mais je suis aussi la RH de toute l’équipe de chirurgie. Et je m’occupe de l’organisme de formation.

Je suis aussi associée dans notre centre de formation. On est deux associés, et je m’implique beaucoup dans son développement et son fonctionnement.

Concrètement, j’assiste le Dr. Zarrine au bloc. Je vois aussi les patients en amont pour leur expliquer les plans de traitement : ce qu’on peut faire pour eux, comment ça va se passer, et combien ça va leur coûter. J’adore prendre ce temps d’échange, parce que ça change tout pour eux de comprendre et de se sentir accompagnés.

J’ai également un rôle important sur la partie ressources humaines : j’organise, je recrute et je forme les nouvelles personnes qui arrivent. Ce qui nous tient vraiment à cœur au cabinet, c’est l’humain. Moi-même, j’ai souvent été dans des endroits où je me suis dit : “Bon sang… si elle me disait juste bonjour…” Et ça, ça change tout.

Et avec une équipe de 15 personnes, on avait peur de perdre cet ADN, c’est pour ça que c’est super important de former, de donner l’exemple.

Je suis aussi aux aguets pour éviter les tensions, j’essaye de tout orchestrer pour que chacun se sente bien, adapte sa communication. Quelque fois ce n’est pas grand-chose. Tu as une personne qui va être hypersensible pour un truc et pas l’autre. Et donc il y a des fois une phrase ou une remarque va déranger l’une et que l’autre n’aura pas compris. La communication est très importante, avec son binôme, l’équipe et les patients.

N.P :
Tu travailles au fauteuil auprès du Dr. Zarrine sur des cas complexes. Quel est ton rôle ?

Marie-Pierre :
Pour les cas complexes et ou les personnes qui ont une phobie du médical, je leur explique, les rassure, avec beaucoup de pédagogie et de respect.

Parce qu’en fait, quand tu expliques bien aux patients ce qui va se passer, tu enlèves une grande partie de leur peur.

J’ai fait une formation en hypnose il y a quelques années. Ça m’a donné des clés de dingue et je m’en sers très régulièrement.

J’ai eu une patiente qui avait un réflexe nauséeux dès qu’on touchait la langue. Elle me disait : “J’y arriverai pas, j’y arriverai pas.” On s’est vues une semaine avant, juste pour parler. Le jour de l’intervention, pareil, on a repris du temps toutes les deux. Et pendant l’intervention, j’étais là.

À aucun moment elle n’a eu de réflexe. Ça s’est super bien passé, et ça me touche beaucoup de pouvoir accompagner, d’avoir ce rôle là.

N.P :
Comment tu décrirais ton binôme avec le Dr. Zarrine ?

Marie-Pierre :

Ahhhh mon binôme… C’est quelque chose qui pour moi a été tellement enrichissant sur le plan professionnel mais aussi sur le plan personnel.

Professionnellement, dès que tu as une question, besoin d’un conseil, d’une information, il te répond. C’est un pilier pour moi , il m’a secondé, poussé dans mes retranchements parfois il n’est pas si simple d’être dans le sillage d’un tel personnage , cela peut vite être usant ou comme pour moi générateur de motivation et d’enthousiasme.

Il sait aussi apaiser, réconforter. En 20 ans nous traversons tous des périodes difficiles, perte d’un proches, enfant qui quitte le nid … Il a été présent pour moi. C’est une très belle collaboration.

Souvent, il dit que je suis son deuxième cerveau ou sa troisième main. Mais ça existe parce qu’il m’a laissé la place pour évoluer. Pour tout cela je lui en suis reconnaissante.

Transmission, aspirations et destinée

N.P :
Aujourd’hui tu es amenée à prendre la parole, à animer des formations. Tu peux m’en dire plus ?

Marie-Pierre :
Oui. Quand le centre de formation a été créé en 2011, j’ai rapidement demandé si je pouvais faire quelque chose pour les assistantes. Parce qu’à l’époque il existait vraiment peu de choses pour les assistantes dentaires.

J’ai commencé à faire des formations en implantologie pour les assistantes débutantes. Je me déplaçais dans les cabinets, je formais les filles sur place. D’abord au niveau régional, puis national. Maintenant on part aussi à l’étranger.

Je parle de quelque chose que je connais vraiment. Et je sens que ça apporte beaucoup à la profession. Je fais aussi ce que nous on appelle « cauchemar au cabinet dentaire» j’adore ce format car je peux mettre toutes mes compétences au service de structures en difficultés

Quand je parle de management à un public de Chirurgiens-Dentistes et qu’à la fin ils viennent me poser des questions, je trouve ça super gratifiant, ça veut dire que le message passe et que je suis légitime.

N.P :
Qu’est-ce que ce métier d’assistante dentaire 2.0 t’apporte profondément, de quoi es-tu fière ?

Marie-Pierre :
Quand tu vois des gens qui arrivent sans espoir et qu’à la fin ils retrouvent le sourire, la possibilité de manger et d’avoir à nouveau une vie sociale… Il arrive que des personne pleurent car l’émotion est si forte, la tension se relâche. C’est le plus beau des retours, toute cette émotion.

Avec une amie, on parlait d’une influenceuse qui voyage partout. Et moi, je me suis rendu compte que je ne l’enviais pas.

Chaque jour, j’ai des gens qui me disent merci en direct, qui me renvoient tellement de positif et surtout, j’aime ce que je fais.

Je suis fière aussi du chemin parcouru.
Il y a quelques années, l’ITI international m’a honorée du titre de Fellow ITI.

C’est une distinction qui atteste d’un haut niveau de compétence et d’implication en implantologie. C’est le seul titre de Fellow qui ait été attribué, au niveau mondial, à une assistante. Je pense que je suis toujours la seule.

Quand on m’a annoncé ça, j’ai été vraiment très touchée.
Pas pour le titre en lui-même, mais parce que ça valide tout le travail, tout l’engagement, toutes ces années à poser des questions, à apprendre, à me former.

Mais au fond, ce qui me rend la plus fière, c’est de transmettre mes connaissances et aider les patients comme les soignants. C’est ça qui me fait vibrer.

N.P :
Quel conseil donnerais-tu à une jeune assistante dentaire ?

Marie-Pierre :
Si elle souhaite évoluer, prendre des responsabilités, il faut beaucoup de curiosité, de l’énergie, mais aussi beaucoup de volonté.

Souvent il faut forcer des portes pour se faire une place. Alors si tu travailles avec un praticien qui te laisse de la place, et qui te permet de monter en compétences, saisis ta chance !

Il faut aussi se donner les moyens de progresser. Et ça demande du temps supplémentaire pour se former. Il faut parfois accepter de prendre moins de congés, passer plus d’heures…

N.P :
À quoi tu aspires aujourd’hui ? Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Marie-Pierre :
Je sais que je ne ferai pas ça toute ma vie au même rythme. C’est un métier qui demande beaucoup d’énergie.

Mais transmettre, ça je ne suis pas prête d’arrêter.

Tant que je peux aider, former, accompagner… je continuerai.

Un modèle d’abnégation

Le métier d’assistante dentaire peut rester technique.
Il peut aussi devenir stratégique.

Tout dépend :

  • de l’abnégation
  • de la volonté
  • de la curiosité
  • de la main tendue qu’on saisit

Marie-Pierre n’a pas choisi le dentaire par vocation.
Elle l’a embrassé par destinée.

Marie-Pierre a provoqué les opportunités, posé des questions, elle a pris sa place.

Et aujourd’hui, elle fait briller bien plus qu’un fauteuil.

Elle fait briller un métier. Un métier qu’elle a su faire évoluer tout au long de sa carrière !

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